Âneries

30 décembre 2011

Apple :

  • Cette app web ou ce réseau social que nous réalisons sera génial.
  • Nos règles pour l’approbation des apps sont toujours en faveur des intérêts de tout le monde.
  • Personne ne veut [insérer ici le nom d’un nouveau produit répandu qu’Apple ne propose pas encore].

Google :

  • Android est ouvert.
  • « Don’t be evil.»
  • Nous vous demandons toutes vos données personnelles et nous traquons tout ce que vous faites pour améliorer votre vie.

Facebook :

  • Nos utilisateurs veulent interagir avec des marques.
  • Nous prenons au sérieux votre sphère privée.
  • Nous ne vous traquons pas lorsque vous n’êtes plus connecté.

Chacun d’entre eux dit des âneries. À vous de décider lesquelles vous voulez tolérer.

(Cet article est une adaptation de l’article en anglais Bullshit de Marco Arment.)

Internet et sphère privée : un diagramme de Venn

28 octobre 2010

Une façon intéressante de voir la relation entre Internet et la sphère privée : intersection vide.

Internet et la sphère privée

Source : Dave Makes, via FlowingData

Facebook a livré des données à des firmes publicitaires

21 mai 2010

Le Wall Street Journal rapporte que Facebook et d’autres réseaux sociaux (notamment MySpace et Twitter) ont livré des données personnelles d’utilisateurs à de grandes firmes de publicité, parmi lesquelles DoubleClick (propriété de Google) et Right Media (de Yahoo).

Ces données permettaient de retrouver le nom des utilisateurs, en dépit des promesses faites de ne pas divulguer de telles informations à de telles entreprises.

Suite aux questions posées par le journal, Facebook et MySpace ont modifié le programme permettant de communiquer aux publicitaires ces informations.

Cette nouvelle démontre une fois de plus les risques encourus par les utilisateurs de réseaux sociaux, notamment Facebook, par rapport à la divulgation de leurs données personnelles, et conforte encore ma décision de quitter Facebook.

Via Daring Fireball.

Pourquoi j’ai supprimé mon compte Facebook

11 mai 2010

À l’instar de nombreux internautes, je viens de demander la suppression de mon compte Facebook. Les questions de protection de la sphère privée m’interpellent et, depuis plusieurs semaines, mes sérieux doutes sur la politique de gestion des données privées par Facebook se sont confirmés.

Je n’ai pas d’illusions sur les sites web sociaux que sont Flickr, Youtube ou Twitter. Cependant, la politique de ces sites est toute différente de celle de Facebook. Avec Facebook, les données que vous avez déposées étaient sensées être privées. Or, sans aucun préavis, Facebook a changé les règles : vos photos, vos vidéos, vos liens, vos contributions, bref presque toutes vos données sont devenues publiques.

On me dira qu’il suffit de ne pas publier d’informations personnelles, ou alors de régler les paramètres de son compte Facebook de telle sorte que ses propres informations ne soient pas publiées à tout venant. C’est sûrement vrai pour les rares individus qui arrivent à trouver leur chemin dans le labyrinthe des réglages de Facebook et qui sont adéquatement sensibilisés à la protection de leurs données. Mais de quelle proportion des utilisateurs de Facebook s’agit-il ? Et qu’en est-il des enfants et adolescents ? A-t-on le droit de les laisser en pâture à Facebook ?

Non, c’en est trop. Facebook a déclaré la guerre à la protection des données. En janvier 2010, son fondateur et propriétaire, Mark Zuckerberg, a déclaré :

Les gens sont devenus vraiment à l’aise non seulement pour partager plus d’informations de différents types, mais également plus ouvertement et avec plus de monde. Cette norme sociale a simplement évolué au fil du temps.

En d’autres termes, Facebook veut tout savoir de vous, conserver ces données et les mettre à disposition de tout le monde. Mais au fait, pourquoi pas ? D’abord parce qu’il est notoire que l’éthique de Mark Zuckenberg est sujette à caution. Ensuite, parce que Facebook est beaucoup plus réticent à expliquer à ses membres les implications des changements de sa politique de protection des données que d’expliquer aux développeurs comment accéder à vos données stockées sur Facebook.

La cerise sur le gâteau : avez-vous essayé de supprimer votre compte Facebook ? Bon courage ! Avant tout, aucune promesse ne vous est faite que vos données seront réellement supprimées. Les applications Facebook que vous avez utilisées pourront tout de même conserver vos données. Et puis, la suppression d’un compte est rendue totalement opaque et quasiment inaccessible. Vous trouverez dans votre profil une option pour désactiver votre compte ; mais ce faisant votre compte continuera à être taggé et vous continuerez à recevoir des messages de Facebook. Et la prochaine fois que vous vous connecterez à Facebook, votre compte sera automatiquement réactivé.

Non, désactiver votre compte ne sert à rien. Il faut le supprimer, et pour le supprimer, c’est le parcours du combattant : aller dans l’aide de Facebook, cliquer sur Confidentialité, puis sur Désactivation, suppression et comptes de défunt (sic !). Cliquer sur Je veux supprimer mon compte de manière définitive, et, finalement, cliquer sur un tout petit lien au bas de l’article. Vous avez bien compté : si vous savez où chercher, il vous faudra pas moins de 5 clics pour y arriver !

Et ce n’est pas tout : une fois le lien cliqué, vous devrez confirmer votre volonté, puis taper votre mot de passe, ainsi que deux mots presque illisibles pour un soi-disant contrôle de sécurité, et attendre 14 jours. Oui, à l’heure de l’information instantanée, il faudra patienter deux semaines. Et si pendant cette quinzaine, vous vous connectez par inadvertance à Facebook, tout le processus est arrêté.

Allez, pour vous éviter les cinq premiers clics, je vous donne gracieusement le lien qui vous permettra, à vous aussi, de supprimer votre compte Facebook.

Illustration tirée de rocket.ly

Est-ce nous qui sommes stupides ?

1 mars 2010

Avec l’annonce du très médiatique iPad, Apple n’a pas introduit un nouveau tablet-PC, mais plutôt un dispositif qui ressemble à un gros iPod Touch ou à un gros iPhone. De tels engins sont des ordinateurs, certes, mais la façon dont nous les utilisons est très différente : leur interface ne ressemble pas à ce que nous connaissons des ordinateurs habituels.

Pour cette raison, l’iPad tel qu’il a été présenté ne m’a pas semblé intéressant pour mon usage personnel. En tant qu’utilisateur chevronné des technologies, j’ai appris à utiliser les ordinateurs, c’est-à-dire que je me suis adapté au fonctionnement de l’interface graphique de Windows, Linux et de Mac OS X. Je me suis habitué à naviguer dans un environnement multi-fenêtres, dans des hiérarchies de fichiers complexes, à jongler avec des volumes locaux et distants. Or l’interface de l’iPad nous cache tous ces rouages, et, dans une première analyse, j’ai trouvé cela frustrant.

Plus récemment, j’ai lu l’aventure du site ReadWriteWeb, dont un des articles est devenu le numéro 1 de la liste retournée lorsque l’on tape dans Google l’expression « Facebook login ». Cet article contient aujourd’hui près de 900 de commentaires d’internautes courroucés, disant en substance (et dans des termes plus fleuris) : « Le site Facebook actuel est mauvais, remettez l’ancien », ou encore « Je veux juste me connecter à Facebook », ce qui montre que la plupart des gens ont utilisé Google comme un interpréteur de leur langage pour trouver leur site préféré et sont (mal) tombés ailleurs.

Je me suis également souvenu du classique dialogue entendu maintes fois :

— Mais où as-tu enregistré ton fichier ?
— Je l’ai enregistré sous Word !

La réaction classique des geeks à ce type de comportement est de dire, de façon moqueuse : « Mais comment peut-on être si stupide ?»

Je l’avoue, ça a été aussi ma première réaction. Et pourtant ! si c’était nous, les geeks et les développeurs, qui étions stupides ? Et si de telles réactions étaient simplement normales et naturelles ? Et si le fonctionnement de Google et des navigateurs web n’était pas si évident que cela ? Est-il vraiment surprenant que la plupart des utilisateurs confondent deux champs similaires au haut de la fenêtre d’un navigateur web ?

Je suis persuadé que, malgré les progrès évidents faits année après année, les interfaces des systèmes d’exploitation actuels sont largement trop complexes pour la plupart des utilisateurs, et notamment des élèves, pour les tâches simples que nous devons le plus souvent accomplir. La formation initiale nécessaire pour arriver au bout de ces tâches simples est le plus souvent rédhibitoire.

Nous devons donc, nous les geeks et les développeurs, faire en sorte que le seuil soit moins élevé pour nos utilisateurs. En ce sens, un ordinateur comme l’iPad, en cachant les entrailles complexes de la machine et en la rendant accessible pour le travail de tous les jours, propose sans doute une solution cohérente.

Cet article est né de la lecture du billet de Funkatron sur le même thème.