Est-ce nous qui sommes stupides ?

Avec l’annonce du très médiatique iPad, Apple n’a pas introduit un nouveau tablet-PC, mais plutôt un dispositif qui ressemble à un gros iPod Touch ou à un gros iPhone. De tels engins sont des ordinateurs, certes, mais la façon dont nous les utilisons est très différente : leur interface ne ressemble pas à ce que nous connaissons des ordinateurs habituels.

Pour cette raison, l’iPad tel qu’il a été présenté ne m’a pas semblé intéressant pour mon usage personnel. En tant qu’utilisateur chevronné des technologies, j’ai appris à utiliser les ordinateurs, c’est-à-dire que je me suis adapté au fonctionnement de l’interface graphique de Windows, Linux et de Mac OS X. Je me suis habitué à naviguer dans un environnement multi-fenêtres, dans des hiérarchies de fichiers complexes, à jongler avec des volumes locaux et distants. Or l’interface de l’iPad nous cache tous ces rouages, et, dans une première analyse, j’ai trouvé cela frustrant.

Plus récemment, j’ai lu l’aventure du site ReadWriteWeb, dont un des articles est devenu le numéro 1 de la liste retournée lorsque l’on tape dans Google l’expression « Facebook login ». Cet article contient aujourd’hui près de 900 de commentaires d’internautes courroucés, disant en substance (et dans des termes plus fleuris) : « Le site Facebook actuel est mauvais, remettez l’ancien », ou encore « Je veux juste me connecter à Facebook », ce qui montre que la plupart des gens ont utilisé Google comme un interpréteur de leur langage pour trouver leur site préféré et sont (mal) tombés ailleurs.

Je me suis également souvenu du classique dialogue entendu maintes fois :

‘ Mais où as-tu enregistré ton fichier ?
‘ Je l’ai enregistré sous Word !

La réaction classique des geeks à ce type de comportement est de dire, de façon moqueuse : « Mais comment peut-on être si stupide ?»

Je l’avoue, ça a été aussi ma première réaction. Et pourtant ! si c’était nous, les geeks et les développeurs, qui étions stupides ? Et si de telles réactions étaient simplement normales et naturelles ? Et si le fonctionnement de Google et des navigateurs web n’était pas si évident que cela ? Est-il vraiment surprenant que la plupart des utilisateurs confondent deux champs similaires au haut de la fenêtre d’un navigateur web ?

Je suis persuadé que, malgré les progrès évidents faits année après année, les interfaces des systèmes d’exploitation actuels sont largement trop complexes pour la plupart des utilisateurs, et notamment des élèves, pour les tâches simples que nous devons le plus souvent accomplir. La formation initiale nécessaire pour arriver au bout de ces tâches simples est le plus souvent rédhibitoire.

Nous devons donc, nous les geeks et les développeurs, faire en sorte que le seuil soit moins élevé pour nos utilisateurs. En ce sens, un ordinateur comme l’iPad, en cachant les entrailles complexes de la machine et en la rendant accessible pour le travail de tous les jours, propose sans doute une solution cohérente.

Cet article est né de la lecture du billet de Funkatron sur le même thème.

Réseaux sociaux : le préposé s’inquiète

Le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence de la Confédération vient de publier son 16ème rapport d’activité, dans lequel il s’inquiète des dangers liés à l’utilisation des réseaux sociaux comme Facebook et de la législation en vigueur, qui n’a pas été prévue pour une telle situation.

Face à l’émergence de ce phénomène, la protection des données doit relever de nouveaux défis. La législation en la matière visait initialement à protéger les données personnelles contre tout traitement illicite ou disproportionné par l’État, puis, par l’économie. Deux aspects fondamentalement nouveaux doivent être relevés à cet égard :

  1. Ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui enregistrent les informations personnelles en question dans les profils Internet et qui donnent donc ainsi leur propre consentement.
  2. Les particuliers sont ainsi en mesure d’accéder aisément aux données personnelles d’autres particuliers, ce qui peut engendrer des risques.

(pages 115-116 du rapport)

Il ne s’agit pas de culpabiliser les utilisateurs, mais de les sensibiliser. Parmi les risques potentiels évoqués, la pérennité des informations sur le net :

La mémoire d’Internet est infaillible: les profils d’utilisateurs peuvent être téléchargés et enregistrés par d’autres utilisateurs, ce qui voue pratiquement à l’échec toute tentative d’effacer le profi l d’origine, puisque les données sont ainsi conservées.

Autre sujet non négligeable d’inquiétude, que font les fournisseurs de réseaux sociaux avec les données qu’ils récoltent :

Beaucoup de fournisseurs de SRS ne précisent pas ce qu’ils font des données. Une chose est néanmoins certaine : ajoutées aux métadonnées, les données personnelles sont susceptibles de livrer des profils de la personnalité détaillés, dont la vente peut engendrer de juteux bénéfices.

Il est réjouissant de voir que les autorités sont conscientes de cette problématique et proposent des recommandations.

Facebook : quelle mobilisation ?

Malgré de nombreuses questions soulevées sur l’identité numérique, en lien avec l’utilisation de Facebook, je suis surpris du petit nombre de réactions publiées dans la blogosphère. J’ai en effet la conviction que ce thème devrait être plus discuté, dans la mesure où les enfants ne sont que peu sensibilisés aux éventuelles conséquences de la publication de leurs écrits ou images sur le net.

Afin d’alimenter la réflexion à ce sujet, voici quelques liens intéressants.

Bonne lecture !