Achat de Sun par Oracle : et l'avenir des logiciels libres ?

Sun et Oracle
Le 20 avril dernier, Oracle et Sun Microsystems ont annoncé l’achat de la seconde par la première des deux sociétés pour 7.4 milliards de dollars. Officiellement, Oracle est surtout intéressé aux deux produits Java et Solaris. Il n’y a donc pas lieu de se faire trop de soucis pour ces deux logiciels (à part peut-être pour la version libre OpenSolaris).

Cette acquisition pose toutefois plusieurs questions, notamment dans le domaine du logiciel libre. En effet depuis plusieurs années déjà, Sun a démontré son implication dans le soutien du développement du logiciel libre, en étant l’un des contributeurs les plus importants, si ce n’est le plus important.

Cet achat signifie-t-il la fin de MySQL, propriété de Sun ? MySQL, avec plus de 6 millions d’installations dans le monde, est clairement en concurrence avec le gestionnaire de base de données Oracle. La tentation sera grande pour Oracle de tuer MySQL afin de vendre fort cher une autre base de données.

Et OpenOffice.org, que va décider Larry Ellison à son sujet ? Même question pour VirtualBox. Il y a fort à craindre que s’il ne voit pas de profit à faire avec ces deux outils, Oracle ne les soutiendra plus.

Heureusement, il s’agit de logiciels libres, et même dans le pire des cas, ni MySQL, ni OpenOffice.org, ni VirtualBox ne disparaîtront purement et simplement. La difficulté sera cependant de trouver des fonds pour soutenir leur développement actif. L’avenir nous dira si Oracle aura joué, à l’instar de Sun, le jeu du logiciel libre.

Blackboard achète ANGEL !

La firme Blackboard, productrice du système e-learning du même nom, a annoncé le 11 mai dernier avoir acheté l’entreprise ANGEL Learning, qui vend un autre système e-learning. Il est intéressant de noter que la division anti-trust du département américain de la justice a ouvert une enquête sur cette acquisition.

Un des patrons de Blackboard, Matthew Small, a par ailleurs déclaré (traduction libre) :

Je ne pense pas qu’il y a d’inquiétude à avoir au sujet de l’anti-trust, dans cette association.

Cette décision, en lien avec l’affaire du brevet sur le e-learning, renforce l’impression que Blackboard envisage de monopoliser le marché du e-learning. Affaire à suivre.

De l'humour absurde pour les geeks

Le site XKCD regorge d’authentiques perles d’humour absurde sur la condition des geeks (on prononce « guik »), ces fanatiques de l’informatique enfermés dans leur univers. En voici deux excellents échantillons.

Flowchart

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I’m an idiot

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Brevet de Blackboard, le feuilleton continue

Nombreux rebondissements cette année dans le feuilleton de la demande de brevet de Blackboard sur le e-Learning.

En février dernier, le procès entre Blackboard et Desire2Learn a eu lieu, et le verdict, qui se fonde, rappelons-le, sur un brevet qui n’est pas encore accordé et dont les revendications principales étaient rejetées par l’office des brevets, a été rendu en faveur de Blackboard. Ce résultat était attendu, puisque Blackboard avait choisi de déposer plainte auprès d’une juridiction qui a toujours rendu des verdicts dans le sens de la brevetabilité des idées.

Le 25 mars 2008, l’office des brevets des États-Unis a publié une information non définitive sur la recevabilité de la demande de brevet en question. En résumé, l’office des brevets y rejette la totalité des 44 revendications de Blackboard. Le document officiel est téléchargeable (format PDF) sur le site de Desire2Learn. C’est dire le peu de chance que le brevet tienne le coup, au final.

Desire2Learn a sorti ensuite une nouvelle version de son logiciel qui n’enfreint pas le brevet, au cas où celui-ci serait valable. Depuis, Blackboard a accumulé les manœuvres pour entraver l’examen du brevet par le bureau des brevets, allant jusqu’à porter plainte contre celui-ci (PDF) ! On croit rêver (ou plutôt cauchemarder).

P.S. Oui, c’est vrai, ce blog était inactif depuis longtemps. C’est promis, j’essaierai d’être plus assidu.

Le brevet e-Learning de Blackboard a du plomb dans l'aile

Une décision qui semble favorable à Desire2Learn a été prise par le juge chargé de l’affaire du brevet sur le e-learning déposé par Blackboard. Les 35 premières revendications de la demande de brevet semblent non valide. L’extrait ci-dessous est une adaptation en français du blog de Desire2Learn :

Le résultat le plus significatif et immédiat est que le tribunal a trouvé que les « Moyens pour attribuer un niveau d’accès et un contrôle de chaque fichier de données, sur la base d’un rôle prédéterminé de l’utilisateur dans une cours » n’est pas bien défini. […] Puisque cette phrase n’est pas bien définie, la totalité de la revendication 1 est rendue non valide en raison de l’indétermination. De plus, toutes les revendications se fondant sur la revendication 1 (dans notre cas, les revendications 2 à 35) sont de façon similaire non valides.

Et ce n’est pas tout. Le tribunal a également adopté pour certains termes utilisés dans la demande de brevet des définitions plus proches de celles de Desire2Learn.

Comme le dit en conclusion l’article du blog : « Nous sommes ravis ! »

Voir également à ce sujet le blog de Feldstein.