Le cauchemar de l'interconnexion des bases de données

Le dialogue fictif ci-dessous permet de donner un avant-goût du cauchemar que pourrait devenir notre société s’il advenait que les nombreuses bases de données que nous alimentons généreusement soient interconnectées.

Le téléphoniste : Merci d’appeler Pizza2012.

Le client : Bonjour, j’aimerais passer une commande.

Le téléphoniste : Vous êtes bien Monsieur Dupont, rue des Roses 23 à Savigny, n’est-ce pas ?

Le client : Oui, en effet.

Le téléphoniste : Votre numéro AVS et bien le 756.1234.5679.97 ?

Le client : Mon numéro AVS ? Euh attendez un instant, … euh, oui, c’est bien ça !

Le téléphoniste : Merci, Monsieur Dupont. Vous travaillez comme cadre à la Banque Root et votre numéro de téléphone au bureau est 022 123 4559.

Le client : D’où tenez-vous toutes ces informations ?

Le téléphoniste : Pour votre sécurité, nous travaillons en connexion avec le SSF.

Le client : Le SSF ? C’est quoi, ce truc ?

Le téléphoniste : Oui, le Système de Sécurité Fooyetoo. Je vois que vous appelez depuis votre téléphone portable.

Le client : (En soupirant) Oui, j’aimerais commander une de vos pizzas géantes au saucisson.

Le téléphoniste : Ce n’est pas une bonne idée, Monsieur !

Le client : Que voulez-vous dire ?

Le téléphoniste : Votre dossier médical indique que lors de votre dernier contrôle, votre tension artérielle était très élevée et que votre taux de cholestérol était mauvais. Votre assurance maladie ne serait pas d’accord avec un tel choix.

Le client : Quoi ? Et que me conseillez-vous, alors ?

Le téléphoniste : Vous pourriez essayer notre nouvelle pizza au tofu et soja, à basse teneur en graisses. Je suis sûr que vous l’apprécierez.

Le client : Comment pouvez-vous en être si sûr que j’apprécierais un truc comme ça ?

Le téléphoniste : D’après votre carte Cumulonimbus, vous avez acheté la semaine passée le livre « Les meilleures recettes au tofu », c’est pour ça que je vous ai suggéré cette pizza !

Le client : Bon, bon, donnez-moi 2 grandes pizzas au tofu et soja.

Le téléphoniste : Oui, cela devrait suffire pour vous, votre femme et vos deux enfants. Votre chien pourra finir le reste de pâte. Ça fera 35 francs, avec un supplément de 4 francs car vous habitez en zone orange.

Le client : En zone orange !??

Le téléphoniste : Oui, un cambriolage a eu lieu dans votre rue la semaine dernière, au numéro 34.

Le client : Ah bon. Je vous donne mon numéro de carte de crédit.

Le téléphoniste : Je suis désolé, Monsieur, mais vous devrez payer comptant. La limite de votre carte de crédit est dépassée.

Le client : OK, je vais faire un saut au distributeur pour retirer de l’argent avant que n’arrive votre livreur.

Le téléphoniste : Ça n’ira pas non plus : votre compte bancaire est aussi à sec.

Le client : Pas de problème, apportez-moi ces pizzas, j’aurai l’argent à l’arrivée du livreur. Ça va prendre combien de temps jusqu’à ce qu’il arrive ?

Le téléphoniste : Nous sommes un peu surchargés en ce moment ; dans à peu près 45 minutes. Si vous êtes pressé, vous pouvez venir les chercher en même temps que vous vous procurez l’argent. Bien sûr, ce n’est pas très pratique en scooter.

Le client : Eh ! Comment savez-vous que je roule en scooter ?

Le téléphoniste : Il est mentionné ici que vous avez un retrait de permis pour ivresse au volant. Par contre, votre Hypercard indique que vous avez fait le plein de votre scooter hier après-midi.

Le client : Mais espèce de ***, de quoi vous mêlez-vous !

Le téléphoniste : Je vous conseille de surveiller votre langage, Monsieur. Vous avez déjà été condamné en 2010 pour injure et durant l’audience vous avez insulté le président du tribunal. Oh, je vois que vous finissez justement vos 2 mois de prison. C’est votre première pizza depuis votre retour à la vie sociale ?

Le client : (sans voix)

Le téléphoniste : Ce sera tout, Monsieur ?

Le client : Non, j’ai un bon pour 2 litres de Coca gratuits.

Le téléphoniste : Je suis désolé, Monsieur, mais notre contrat publicitaire exclusif nous interdit d’offrir gratuitement du Coca aux diabétiques ! Je vous remercie de votre appel.

Cet article est librement inspiré de Ordering Pizza, de l’ACLU.

Âneries

Apple :

  • Cette app web ou ce réseau social que nous réalisons sera génial.
  • Nos règles pour l’approbation des apps sont toujours en faveur des intérêts de tout le monde.
  • Personne ne veut [insérer ici le nom d’un nouveau produit répandu qu’Apple ne propose pas encore].

Google :

  • Android est ouvert.
  • « Don’t be evil.»
  • Nous vous demandons toutes vos données personnelles et nous traquons tout ce que vous faites pour améliorer votre vie.

Facebook :

  • Nos utilisateurs veulent interagir avec des marques.
  • Nous prenons au sérieux votre sphère privée.
  • Nous ne vous traquons pas lorsque vous n’êtes plus connecté.

Chacun d’entre eux dit des âneries. À vous de décider lesquelles vous voulez tolérer.

Cet article est une adaptation de l’article en anglais Bullshit de Marco Arment.

Conseil National : évolution des forces des partis 1971–2011

Pour faire pendant à l’article de la semaine dernière sur l’évolution des forces des partis au Conseil des États Suisse, voici une illustration de l’évolution de ces forces au Conseil National Suisse, de 1971 à 2011.

CN: Force des partis 1971-2011

Conseil national : force des partis 1971-2011

On constate que les partis de la droite traditionnelle (PDC, PLR) perdent quelques plumes au détriment du PDB et des Verts libéraux. Le parti socialiste reste à peu près stable durant les 40 dernières années. La droite dure (UDC) a énormément progressé à partir des années 1990, mais enregistre une perte importante cette année. L’UDC reste cependant le parti le mieux représenté au Conseil National. La progression des Verts, assez régulière depuis les années 1970, semble maintenant stoppée.