Données personnelles et internet: faut-il être paranoïaque ? (partie 2/3)

Données personnelles et internet: faut-il être paranoïaque ? (partie 2/3)

Cet article a été publié en septembre 2015 dans l’édition no 323 de la revue Scuola Ticinese. Il est publié ici en trois parties : partie 1, partie 3.

Les motivations des entreprises privées pour collecter nos données personnelles sont différentes, mais tout aussi claires : en un mot, l’argent.

En 2010, The Economist estimait le marché des données à plus de 100 milliards de dollars. Les revenus de ce marché sont essentiellement des revenus publicitaires d’une part, et d’autre part les bénéfices supplémentaires de la grande distribution, gagnés grâce à un meilleur ciblage des consommateurs.

« À l’avenir les données seront une ressource de base, comme le gaz, l’essence et l’électricité (…). Avec les données, nous pouvons innover énormément. On peut mieux comprendre les habitudes de consommation, et mieux appréhender l’économie en général. (…) On calcule automatiquement le crédit possible que l’on peut allouer à un utilisateur, sans aucune étude préalable, aucune intervention humaine.»

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Données personnelles et internet: faut-il être paranoïaque ? (partie 1/3)

Données personnelles et internet: faut-il être paranoïaque ? (partie 1/3)

Cet article a été publié en septembre 2015 dans l’édition no 323 de la revue Scuola Ticinese. Il est publié ici en trois parties : partie 2, partie 3.

En 2012, un client de Minneapolis du grand distributeur américain Target (le pendant de la Migros ou de la Coop) a souhaité rencontrer le gérant du magasin local. Il lui a demandé des explications concernant sa fille, étudiante au lycée, qui recevait du magasin des publicités et des bons d’achat pour des vêtements de grossesse, des berceaux, des habits de bébé, articles donnant à penser qu’elle était enceinte. Le père de la jeune fille demanda au gérant si le magasin voulait encourager sa fille à tomber enceinte. Stupéfait, le gérant s’excusa en déclarant n’avoir aucune idée de la raison de ces promotions.

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La Suède a laissé fuiter des données privées de presque tous ses citoyens

En 2015, suite à un contrat d’externalisation de prestations conclu avec IBM, le ministère des transports de Suède et après avoir téléchargé la totalité de ses bases de données sur des serveurs dans le cloud, le Ministère des transports de Suède a donné accès à ses propres infrastructures à du personnel d’IBM situé en dehors du pays, sans effectuer de contrôle de sécurité approprié.

IBM administrators in the Czech Republic were also given full access to all data and logs, according to Swedish newspaper Dagens Nyheter (DN), which analysed the Säpo investigation documents.

Cet incident a exposé publiquement des informations sur tous les véhicules de Suède, y compris ceux de la police et de l’armée. Bien que la fuite a été découverte en 2016, les données ne pourront pas être sécurisées avant l’automne 2017.

Cet épisode montre à quel point il est important pour un état de conserver sous sa gouvernance les données qu’il traite, et de ne pas en confier le traitement à des entités externes.

Un tel épisode devrait faire réfléchir nos élus, qui s’apprêtent dans le projet de Loi e-ID actuellement en consultation à livrer à des entreprises privées la gestion de l’identité des citoyens suisses.

Source : The Hacker News

Google Glass revisité

Google a présenté récemment son projet de lunettes à réalité augmentée Google Glass, et pour illustrer son concept, a publié une vidéo démontrant son utilisation.

Rebellious Pixels a constaté que dans sa vidéo, Google avait oublié d’inclure ses annonces publicitaires GoogleAds, et a donc complété la vidéo en une version plus réaliste et montrant les implications en terme d’intrusion dans la vie privée.

Via DaringFireball.

Blackboard offre des services Moodle et Sakai

Blackboard a annoncé hier avoir racheté deux partenaires Moodle et engagé à une position dirigeante un des fondateurs du projet Sakai. En même temps, Blackboard a communiqué l’ouverture d’une nouvelle branche de son modèle commercial, les Blackboard Education Open Source Services, pour proposer des prestations de support aux utilisateurs de Moodle et de Sakai, par exemple de l’hébergement, du développement, de la formation, etc.

Logo Blackboard

Ces trois annonces simultanées semblent une anticipation sur le 1er avril, au regard de l’histoire récente et des vaines attaques de Blackboard contre les projets de plateformes e-learning libres (voir l’affaire du brevet sur le e-learning).

Qu’est-ce qui se cache derrière ce changement radical de stratégie, qui va plutôt dans le sens d’une diminution de la part de marché de son environnement d’apprentissage maison ? Quelles sont les véritables intentions de Blackboard, ou, pour le dire autrement, quels bénéfices compte y trouver l’entreprise de Washington ?

La réponse à cette question est très difficile, et l’on ne peut faire que des conjectures.Une raison possible évoquée serait de faire du tort à Moodle, en sapant son modèle économique de l’intérieur. Une piste plus vraisemblable est peut-être donnée par ce bref extrait de la lettre ouverte à la communauté publiée par Bb :

[…] we’re looking at the entire student lifecycle within the education institutions we serve.

Pas les produits, mais les données !

Comme le suggère Marc Aberdour, Blackboard connaît le potentiel commercial des données. Et il s’agit ici d’un gigantesque marché, estimé à 100 milliards de dollars (vous avez bien lu) et en croissance constante de 10% par année.

En exploitant les informations livrées par le plus grand nombre de systèmes e-learning possible, une entreprise pourra faire énormément d’argent en monétisant les données (personnelles ou non) de nos élèves ou étudiants. Dans ce modèle, l’utilisateur final d’un service n’est plus le client, mais bien le produit. C’est le modèle commercial actuel de Google et de Facebook (vous croyiez vraiment que leurs outils vous sont offerts sans contrepartie ?). Il est vraisemblable que c’est sur ce terrain que s’aventure désormais Blackboard.

La protection des données de nos enfants est de ce fait dans l’Œil du cyclone et il est de notre devoir d’être très vigilant.